La Trique et la conjugaison.

Aujourd’hui et parce que je suis de bonne humeur, j’annonce officiellement que la Trique va devoir répondre de sa pitoyable grammaire devant la Maîtresse. Non mais dès fois, a-t-on jamais vu ça? Maintenant on se permet de s’adresser à moi avec des fautes aussi grosses que ses propres balloches étirées? Ou alors on me cherche, et qui me cherche, ne me trouve pas forcément, mais dans ce cas précis, je crois que toi la Trique, tu as besoin d’une bonne leçon, de grammaire lol. Rendez-vous dans la semaine, prépare -toi.

 

Maîtresse Eva.

 

 

 

Le temps des cadeaux.

Qu’il est doux, si doux  le temps des cadeaux lors des fêtes de fin d’année. Je suis toute émoustillée de voir tomber, tels des flocons scintillants à l’heure des premières neiges, toutes ces petites choses exquises et inutiles, délicieusement empaquetées et offertes à mes pieds divins. On dit souvent à ces moments là que c’est le geste qui compte, ceci dit, mes bons et loyaux sujets savent que les offrandes faites à la Maîtresse ne sont autres que le témoignage de l’amour et l’attachement qu’ils portent à une Déesse personifiée, de surcroît, une femme qui a du goût.

L’offrande la plus inspirée, est sûrement le voyage à Paris, Ville de Lumière, mais également de Plaisir, avec un grand P. En épicurienne que je suis, mon fidèle et estimé soumis m’a préparé un séjour aux petits oignons: bonne table et vin excellent, sorties, shopping…le tout méticuleusement organisé, pour ma plus grande satisfaction. Encore mes félicitations, valet frott-man, tu es un serviteur habile et accompli. Reçois la reconnaissance de ta Reine et Majesté.

Sinon autrement, friandises, produits de beauté, parfums, livres… ont été humblement présentés par les autres soumis: tout ce que j’aime mais qui ne me fait pas forcément du bien. Le foie en a pâti, entre le trop de sucre, de graisse, d’alcool et que sais-je encore…

Ah, j’ai failli oublié. Il a également neigé de joujous pas comme les autres au temps des cadeaux. J’ai entre autre reçu un accessoire, disons, rigolo et curieux que je m’impatiente de tester dans les meilleures conditions. Il est rose pailleté, translucide, sent bon le bubble gum tutti fruti, et mesure un peu plus de 26cm pour 4cm de diamètre. Ce sera un grand moment de la science!

Maîtresse Eva.

Le pouvoir des talons aiguilles.

Le pouvoir, quel mot grisant. Et détenir une partie même infime du pouvoir est j’avoue, extrêmement jouissif. Une partie du pouvoir de la dominatrice se trouve à ses pieds, matérialisée par ce que les psychanalystes qualifie de ” substitution de symbole phallique”, ce sont les talons aiguilles.

Une grande majorité de femmes aiment par dessus-tout porter des chaussures à talon haut, mais seules les plus téméraires d’entre nous, celles qui ont un caractère bien affirmé, qui osent et réussissent le défi de porter les talons aiguilles, sans faute de goût, d’attitude et de style. Parole de femme dominatrice, je peux te dire que maîtriser l’allure et la démarche lorsqu’on porte des talons de 12 centimètres ou plus est un véritable exploit. Mais alors une fois maîtrisés, du haut de ses talons aiguilles bien acérées, on s’impose naturellement comme une déesse personnifiée, venue sur terre pour instaurer l’ordre et redresser les torts des petits hommes imbus de leur faiblesse. Les claquements secs et réguliers des talons sur le sol dictent inconsciemment la conduite à tenir à l’approche de la femme dominatrice.

Femme que je suis, les chaussures sont pour moi comme des gourmandises auxquelles je ne peux résister. Tu ne peux imaginer l’émotion ressentie à la simple vue d’une jolie paire d’escarpin, joliment présentée derrière une vitrine. Je les veux, je les veux, je les veux… et en règle général, quand je veux quelque chose, je l’obtiens. Mais pour les chaussures, je suis comme la plupart des femmes, étant frustrée dans l’enfance et l’adolescence à ne porter que des chaussures trop petits, trop moche, trop usés … alors je rattrape le plaisir perdu par l’achat compulsif, et  je crois que les femmes ont toutes cette manie.

J’ai pris le pouvoir par la féminité et par la supériorité, et j’entends bien faire plier les machos, zigotos et affreux jojos jusqu’à ce qu’ils reconnaissent que la Femme est suprême, que sa puissance est réelle. Chaque petite parcelle de mon être est investie de ce pouvoir. Le martinet, la cravache, la badine… sont de caresses à côté de mes talons aiguilles, symbole bien féminin, de mon pouvoir sur les maillons faibles.

Maîtresse Eva.

Il était une fois la trique

Le jour, la nuit où j’ai besoin d’un petit homme pour me tenir compagnie, ou lorsque j’ai besoin de fantaisie, je fais appel à mon seul et unique sex slave attitré, le bien nommé “la trique”. Un nom bien porté pour un esclave entièrement dévoué aux plaisirs charnels de sa Maîtresse et Reine, dont le seul regard et simple cillement suffisent largement à le faire trembler de désir, au plus profond de son être vil et lubrique.

La trique a plusieurs cordes à son arc, mais la Maîtresse l’a choisi pour ses qualités évidentes et palpables, se trouvant un peu en-dessous de la ceinture. Toujours prêt, toujours d’attaque, je reconnais que la trique est un objet utile et agréable, et j’ai bien peur qu’à force de l’utiliser, je deviens un peu accro à ses services. Quoi qu’il en soit, la trique sait très bien qu’il n’a pas intérêt à déroger aux règles de soumission et de servitude, car il sait que je suis intransigeante, et que la moindre incartade suffise à ce qu’un privilège inespéré pour un esclave de son état, pourrait se transformer en une véritable torture. Donc, l’animal file doux et s’abstient de trop s’épancher sur ses instincts de mâle en rut, car sa mission première est d’abord de me procurer du plaisir, ni plus ni moins.

Il n’y a pas si longtemps donc, j’ai convoqué la trique car éreintée d’une journée harassante, j’avais besoin de me détendre. La trique est l’un des rares soumis qui soient autorisés à me servir chez moi, il connaît bien la maison et le protocole, d’ailleurs, il a les clés. Il se présente à l’heure indiquée avec les offrandes de circonstance, une boîte de chocolat et une bouteille de champagne. Il me présente les offrandes avec humilité et je lui passe son collier en le taquinant, du bout des pieds. Ensuite je l’ordonne de mettre le champ’ au frais et de se dévêtir en ne gardant que son slip et son harnais intime, et de se mettre ensuite à genoux dans un coin, le temps que je me prépare.

Lorsque je le tire par son collier pour le mettre au pied du lit, la trique était dans tous ses états. Il bafouille, se trompe de coupes pour le champ’, en verse à côté… et il bande dur, adorable la trique. Je commence à jouer avec lui, à tirer son harnais bien tendu, l’excitation monte de quelques crans de mon côté comme du sien. Ce soir-là, je lui fais une petite surprise: le jeu de la momie en film plastique, seuls les endroits stratégiques ne sont pas enroulés dans le film: la tête et le sexe. Après l’avoir immobilisé et momifié, je le fait tomber comme une quille, le roule par terre, le chevauche, le frappe, le cravache, l’étouffe…encore et encore… Quand je fus satisfaite, je le libère de son enveloppe, il était tout en sueur, un peu abasourdi…mais ce n’est pas encore fini, je lui réserve un autre jeu que j’adore, faisant appel à sa langue agile et ses doigts fouineurs, que je commande avec précision pour plus de plaisir. Autant dire que je me suis bien amusée cette nuit-là.

La trique, mon petit homme-jouet, tu sers ta Maîtresse comme personne d’autre, continue.

Maîtresse Eva

Dominer et être dominé.

Dominer, un mot étrange que celui-là. Personnellement, dominer pour moi sous-entend une sorte d’échange entre deux personnes, où il est question de persuasion et de conviction, avec les moyens dont on dispose, la force, le sexe, le mental, l’argent… La Maîtresse domine, et le soumis subit, “debout, couché, assis, fais le beau”, et voilà l’animal dressé qui s’exécute avec zèle… Mais en observant de plus près, n’est-ce plutôt pas le soumis qui est en position de force, malgré l’apparence? Ceci est d’autant plus vrai, si le généreux soumis paie avec monnaie sonnante et trébuchante ses séances de “fais-moi mal, j’aime ça”… On peut trouver ici et là que la domination est un très bon moyen pour certains de gagner leur vie, confortablement, en proposant des “services” et des “spécialités” en tous genres, du comique au plus dérangeant. C’est très bien, chacun y trouve son compte, et le monde continue de tourner. Toujours est-il que la question de la domination réelle est assez difficile à cerner. Je suis de celle qui croit dur comme fer, que si on fait quelque chose, autant le faire bien. Et je me demande, jusqu’à quel point, peut-on dire que l’on domine une personne ou une situation, alors que l’âme profonde est absolument insondable, surtout si il s’agit d’une forte personnalité. Tout naturellement, il y a la limite physique, de ce qu’une personne en bonne santé peut endurer et qu’au-delà il y a danger. Je ne suis pas particulièrement portée sur les pratiques physiquement dangereuses, parce que un, c’est dangereux, deux, c’est inutile, trois c’est inésthétique. Torturer la chair, pour voir couler le sang m’est aberrant. Torturer l’esprit pour voir jaillir la lumière m’est jouissif. Le soumis donne sa chair pour les pieds, les mains, l’entre-jambe d’une dominatrice, mais est-il réellement prêt lui à ouvrir son âme? Prendre un couteau, l’éventrer et ouvrir son coeur encore palpitant pour y extraire la réponse serait un échec, bien évidemment. Le jeu de la domination est comme un immense puzzle, où chaque pièce se pose une par une, étape par étape. Lorsque le tableau est constitué, la Maîtresse comprend son soumis, et le soumis connaît sa Maîtresse à la perfection, l’osmose en quelque sorte.

 

Maîtresse Eva.